Retrospective 2025 : marchés de l'électricité et du gaz

Un contexte énergétique toujours sensible, mais en voie de stabilisation

L’année 2025 aura confirmé la complexité des marchés de l’électricité et du gaz, oscillant entre tensions conjoncturelles et tendances de fond plus structurantes. Conditions climatiques, géopolitique, production nucléaire et montée en puissance des énergies renouvelables ont rythmé l’évolution des prix, dans un environnement progressivement plus lisible pour les acteurs de l’énergie.

 

Volatilité hivernale et facteurs géopolitiques

Le premier trimestre s’ouvre sur des marchés très sensibles aux aléas climatiques et géopolitiques. Les épisodes de froid soutiennent la demande énergétique et exercent une pression sur les stockages de gaz, tandis que les tensions internationales entretiennent un climat d’incertitude.

Dans ce contexte, la bonne disponibilité du parc nucléaire français joue un rôle stabilisateur, limitant les envolées de prix sur l’électricité. À l’inverse, la production renouvelable, notamment éolienne, se révèle inégale, contribuant à une volatilité accrue des marchés spot.

Sur le plan réglementaire, l’annonce de la réforme des heures pleines / heures creuses marque un tournant : la refonte des plages horaires vise à mieux refléter les nouveaux usages électriques et à renforcer la flexibilité du système.

 

Détente des prix et surabondance de production

Au deuxième trimestre, les marchés entrent dans une phase de détente plus marquée. La hausse des températures réduit mécaniquement la demande, tandis que les approvisionnements en gaz – notamment via la Norvège et le GNL – restent abondants.

La combinaison d’une forte disponibilité nucléaire et d’une production renouvelable en hausse entraîne un recul régulier des prix de gros. Les phénomènes d’écrêtement solaire se multiplient, générant ponctuellement des prix spot négatifs, révélateurs d’un système électrique en pleine mutation.

Parallèlement, les gestionnaires de réseaux accélèrent les investissements : renforcement des lignes haute tension, modernisation des infrastructures et développement de solutions de flexibilité locale pour accompagner la montée en puissance des ENR et des nouveaux usages électriques.

 

Faible demande, stocks élevés et signaux structurels

Le troisième trimestre est marqué par une demande durablement faible, couplée à une production solaire particulièrement abondante. Les niveaux de stockage de gaz progressent rapidement, soutenus par une consommation modérée et des importations soutenues.

Côté nucléaire, plusieurs signaux structurants se dessinent : prolongation de la durée de vie de certains réacteurs et gestion renforcée des contraintes thermiques liées au réchauffement des cours d’eau.

À l’échelle européenne, les politiques climatiques commencent à produire des effets tangibles. Le paquet Fit for 55 stimule les investissements bas carbone, tandis que la montée en charge progressive de l’ETS 2 renforce les signaux prix pour les secteurs diffus, modifiant les anticipations de long terme.

 

Normalisation progressive et perspectives de long terme

Le dernier trimestre alterne entre rebonds ponctuels et phases de détente. Une remontée temporaire des prix du CO₂, une production éolienne parfois insuffisante et des incertitudes géopolitiques provoquent quelques tensions à court terme.

Toutefois, la tendance de fond reste orientée à la baisse, portée par des stocks de gaz élevés et une disponibilité nucléaire solide. L’entrée en service progressive de Flamanville 3, la validation européenne du mécanisme de capacité et les annonces autour des futurs EPR viennent structurer les perspectives à long terme.

 

L’année 2025 se clôt ainsi sur des niveaux de prix nettement inférieurs à ceux observés en début d’exercice, confirmant une normalisation progressive des marchés de l’électricité et du gaz, dans un environnement désormais plus prévisible pour les acteurs professionnels.